5 conseils pour photographier les oiseaux

5 conseils pour photographier les oiseaux

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Si vous aimez la nature et la photo, vous avez sans doute déjà essayé au moins une fois de photographier un oiseau. Vous aurez alors compris que ce n’est pas chose facile…
Voici 5 conseils tirés de mon expérience, et surtout avec du matériel plutôt commun et polyvalent, non réservé à la seule photo animalière.

1/ Quel matériel pour photographier les oiseaux ?

 

Pour cadrer des oiseaux de près alors qu’ils sont loin de vous, bien calés sur une branche ou alors en plein ciel, il va vous falloir un télé-objectif…

 
…je dirais au minimum un 200mm. Et oui, la majorité de ces animaux ne sont pas très grands, il va donc falloir s’en rapprocher ! Si vous avez la possibilité d’avoir plus que 200mm, c’est mieux ! Mais déjà, vous pourrez vous amuser avec cette focale.
 
Bonne nouvelle : si votre boîtier n’est pas un plein format mais un capteur APS-C, alors vous pouvez vous en sortir avec un 120mm (car il faut en général multiplier par environ 1,5 pour obtenir l’équivalence de focale en 24x36mm. Or 120mm x 1,5 = 180mm). C’est un minimum.
 
(Pour en savoir plus sur ce sujet, je vous recommande l’article suivant : Les capteurs en photo numérique : enfin comprendre les différences)
 

Crabier de Gray - Comment photographier les oiseaux ? - Tonton Photo

Crabier de Gray, Parc National de Yala, Sri Lanka
Nikon D200, 200mm, 250 ISO, F/5.6, 1/1000
© Clément Racineux / Tonton Photo

Personnellement, mon plus gros objectif est un Sigma 70-200mm f/2.8. Donc toutes mes photos d’oiseaux ont jusqu’ici été faites avec cet objectif. Ce n’est pas l’idéal car on reste assez loin de l’animal, mais je peux quand même en tirer quelques photos sympas.
 
Lorsque j’utilisais mon Nikon D200, mon 70-200mm équivalait à un 105-300mm. Depuis que je suis équipé du Nikon D3s, qui est un plein format, alors il s’agit vraiment d’un 70-200mm… du coup, en ce qui concerne la photo animalière, j’y perds ;)
 
Dans l’idéal, il vous faudra un objectif lumineux, qui peut ouvrir à grande ouverture. Par exemple dans mon cas, peu importe que j’utilise mon objectif à 70mm ou à 200mm, je peux ouvrir mon diaphragme jusqu’à F/2.8, ce qui est une grande ouverture.
 
Le problème, c’est que ce type d’objectifs coûte cher. Donc si vous ne pouvez pas vous offrir un tel cailloux pour le moment, ce n’est pas grave. N’en faites pas une maladie, le principal reste d’avoir une longue focale pour photographier les oiseaux de près.
 
Pour le reste, et bien vous pourrez toujours passer un peu de temps en post-traitement pour compenser autant que possible les limites de votre objectif.
 

Pourquoi un télé-objectif ?

Et bien parce-qu’il faut pouvoir « zoomer » sur les oiseaux pour bien les distinguer. De temps en temps, une focale plus courte permettra de restituer l’environnement dans lequel se trouve l’oiseau.
 
Deuxièmement, parce-qu’avec un télé-objectif, vous pourrez plus facilement réduire la profondeur de champ, et donc détacher l’animal de son arrière-plan, afin de mieux le mettre en valeur.
 
(Pour aller plus loin, vous pouvez consulter l’article Comment choisir un objectif photo ? Ma méthode en 10 points)
 

2/ Quels réglages pour la photo d’oiseaux ?

Hibou Grand Duc d'Europe en plein vol - Comment photographier les oiseaux ? - Tonton Photo

Grand Duc d’Europe en plein vol – Nikon D200, 200mm, 200 ISO, F/2.8, 1/1600
© Clément Racineux / Tonton Photo

Évidemment, je ne peux pas vous donner de réglages « prêt à utiliser ». C’est impossible car chaque situation de lumière est différente. Cela n’aurait donc aucun sens.
 
En revanche je peux vous donner des conseils, des grandes lignes qui vous serviront de guide lors de vos propres sorties pour photographier les oiseaux.
 

L’idée principale est qu’il faut photographier à grande vitesse, car les oiseaux ont la bougeotte. Pour saisir les détails de la tête de l’oiseau, de son plumage et de ses couleurs, il va donc falloir être rapide.

 
De manière générale, il vous faudra aller au minimum au 1/800 de secondes. À la fois pour saisir le volatile en mouvement, mais aussi parce-que les micro-mouvements de nos mains sont amplifiés par les télé-objectifs. Il faudra donc des vitesses rapides pour éviter de provoquer un flou de bougé et obtenir des photos bien nettes.
 

Comment régler votre appareil sur ces vitesses ?

Si vous shootez en automatique, alors réglez votre appareil sur le mode Priorité Vitesse (mode « S » ou « TV »…).
Vous pourrez ainsi décider vous-même de la vitesse que vous souhaitez utiliser, et l’appareil se chargera tout seul de calculer les réglages d’ouverture.
 

Filé d'un vol de pigeons autour de Notre-Dame de Paris - Comment photographier les oiseaux ? - Tonton Photo

Filé d’un vol de pigeons autour de Notre-Dame de Paris.
Nikon D200, 24mm, 400 ISO, F/18, 1/20 © Clément Racineux / Tonton Photo

Et la sensibilité ?

Vous aurez aussi sans doute à régler la sensibilité, en fonction de la luminosité ambiante. Vous pouvez choisir de régler votre appareil sur sensibilité automatique, ou bien de passer en réglage manuel pour véritablement maîtriser ce paramètre.
 

Couples de aras rouges - Comment photographier les oiseaux ? - Tonton Photo

Couples de aras rouges – Nikon D3s, 200mm, 500 ISO, F/4.5, 1/1000
© Clément Racineux / Tonton Photo

Cela vous servira à la fois à compenser un manque de lumière, ou au contraire un trop plein de luminosité (par exemple si vous êtes en plein soleil). En zone sombre, ce paramètre vous permettra de mieux maîtriser la captation des couleurs, de l’oiseau comme de son environnement.
 
(Pour mieux comprendre cette notion de sensibilité, je vous invite à relire mon article « Comprendre la sensibilité ISO en moins de 3mn ».)
 

Et l’ouverture ?

Quant à l’ouverture, ce réglage vous permettra de maîtriser à la fois la quantité de lumière qui rentre dans l’appareil, et la profondeur de champ que vous souhaitez donner à votre image. Vous pourrez ainsi choisir de flouter le décor qui se trouve derrière l’oiseau que vous prenez en photo, ou bien au contraire de faire en sorte qu’il soit aussi net que l’animal.
 
(Si l’ouverture n’est pas une notion claire pour vous, je vous invite à relire mon article « Comprendre l’ouverture en moins de 3mn ».)
 
Essayez donc de régler votre appareil sur le mode automatique « Priorité à l’ouverture » (« A » ou « Av »). En jouant avec ce mode, vous aurez l’occasion de voir les différences de profondeur de champ.
 
En revanche, n’oubliez pas que dans ce cas, c’est l’appareil qui décidera de la vitesse d’obturation pour vous. Ce qui entraînera sans doute quelques surprises si les vitesses sont trop lentes…
 

3/ Cadrage

Essayez de varier vos compositions, entre cadrages serrés et cadrages plaçant l’oiseau dans son environnement.

 
La première raison, c’est que d’un point de vue naturaliste (en toute modestie quand même…), il est toujours intéressant de situer un animal dans son habitat.
 
Deuxièmement, parfois on peut observer des jeux de lumières, d’ombres ou de couleurs intéressants. Il ne faut donc pas hésiter à intégrer ces éléments dans le cadre. Les couleurs des arbres ou des fleurs peuvent donner beaucoup de puissance à une image, car les couleurs « éclatent » aux yeux de celui qui regarde la photo.

Roussettes, Udaïpur, Rajasthan, Inde - Comment photographier les oiseaux ? - Tonton Photo

À gauche, j’ai pris les roussettes en plan serré, afin que l’on distingue bien leurs traits caractéristiques. On pourrait croire qu’il s’agit d’une photo prise en pleine forêt. Mais en réalité, le cadre plus large de la photo de droite révèle que ces roussettes vivaient en plein cœur de la ville d’Udaïpur, en Inde. © Clément Racineux / Tonton Photo
(Cliquez dans l’image pour l’agrandir)

 

4/ Comportement

Soyez discret, mais réactif !

Les oiseaux sont des animaux sauvages, donc par essence ils sont méfiants et craintifs.
Il vous faudra donc vous déplacer de manière discrète, en faisant un minimum de bruit, et lentement, pour ne pas effrayer l’animal qui vous observe. Parfois, il vous faudra carrément stopper tout mouvement pendant quelques minutes, afin de rassurer l’animal.
 

Guêpier d'Orient, Parc National de Yala, Sri Lanka - Comment photographier les oiseaux ? - Tonton Photo

Guêpier d’Orient. Il a fallu me déplacer très lentement pour approcher cet oiseau et le photographier… © Clément Racineux / Tonton Photo

En revanche, soyez réactif ! Cela paraît un peu contradictoire d’être à la fois lent et vif, mais c’est bel et bien ce qu’il faudra faire ;)
 
La lenteur pour approcher l’animal, et la réactivité pour ne pas rater une scène à prendre et qui ne durera que quelques secondes.
 

Le secret de la réactivité, c’est l’anticipation.

 
Anticipez donc vos réglages. Il suffit de prendre quelques photos dans le vide pour vérifier que votre photo sera bien exposée. De cette manière, vous n’avez plus qu’à vous concentrer sur l’observation. Lors du déclenchement, vous n’aurez plus qu’à réfléchir à votre cadrage, sans vous préoccuper de l’exposition.
 

5/ Soyez créatifs

C’est maintenant le graphiste qui vous parle : ne manquez pas les couleurs ou les motifs qui peuvent se cacher dans une scène

Couple de loriots dorés, Ranthambore, Rajasthan, Inde © Tonton Photo

Les couleurs vives de ce couple de loriots dorés m’ont sauté aux yeux, tant ce jaune tranchait avec l’ambiance sombre des sous-bois (Parc National de Ranthambore, Rajasthan, Inde).
Cette scène était fugace, il a fallu être très réactif pour la capter ;)
Nikon D200, 200mm, 400 ISO, F/2.8, 1/450 © Clément Racineux / Tonton Photo

Poule brahma perdrix argenté maillé - Comment photographier les oiseaux ? - Tonton Photo

Les motifs de la robe de cette poule brahma perdrix argenté maillé sont très graphiques ! © Clément Racineux / Tonton Photo

Tantale indien - Comment photographier les oiseaux ? - Tonton Photo

J’ai dû me déplacer lentement pour intégrer dans le cadre le reflet de ce tantale indien, car il constitue un bel élément visuel.
Nikon D200, 200mm, 250 ISO, F/3.5, 1/1000, ISO 250
© Clément Racineux / Tonton Photo

En conclusion

J’espère que ces quelques conseils vous auront aidé :)
 
En résumé, voici donc ce qu’il faut retenir :
> Apprenez à bien maîtriser le triangle de l’exposition.
> Réglez sur des vitesses d’obturation rapides.
> Soyez discret mais réactif.
> N’oubliez pas d’observer les éléments graphiques de la scène que vous photographiez.

 

Et vous, quels sont les points qui vous bloquent lorsque vous prenez des oiseaux en photo ? Avez-vous d’autres conseils à partager ?

Dites-le dans les commentaires ! :)

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35 commentaires... et vous ?

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  1. Ah, ça c’est de l’article que j’aime ! Bravo pour cet article plein de bon sens et surtout qui montre que l’on peut faire des images intéressantes avec le matériel de presque monsieur tout le monde.

    A bientôt !
    Le dernier article de Régis Moscardini : [La Boite à Photos] 8ème édition – La photographie abstraiteMy Profile

    • Tonton Photo dit :

      Merci Régis !
      Pour ceux qui souhaitent aller plus loin dans l’apprentissage de la photo animalière, je ne peux que vous conseiller d’aller visiter le blog de Régis : Auxois Nature

    • Garch dit :

      Bjr, Moi je photographie les animaux en général, mon mode est plutôt le M, manuel en affichant une vitesse fixe de 1/800 ème et un diaph de f6.7 ou f8. La sensibilité en Auto de 100 à 800 Iso. Avec cette méthode la vitesse et le diaph restent permanent, c’est la sensibilité qui gère en cas de changement de luminosité.
      Mon matériel est un Nikon D90, mon préféré pour la netteté,( sachant que j’ai un D7100, moins bon en piqué, pourquoi ? je ne sais pas), et un objo de 120-400 Sigma stabilisé.
      J’ajouterai que je n’utilise jamais de filtres UV ou autre, cela perturbe la netteté.
      Amicalement images.

  2. vincent dit :

    Merci et bravo pour cet article très clair !!!
    A bientôt

  3. Michelle dit :

    Merci beaucoup pour ces précieux conseils. Je m’efforce d’appliquer tous vos conseils au mieux.
    En dehors des oiseaux des jardins, qui sont pour certains assez faciles à capturer, je vais pouvoir mieux réussir les autres.
    J’ai la chance d’avoir en bordure de mer près de chez moi un Parc Ornithologique assez fabuleux.
    Il y a une population d’oiseaux assez variée tout au long de l’année. Un vrai bonheur. Vous devriez y passer.
    J’ai un petit 75-300mm ! je fais parent pauvre à côté de personnes transportant leur matériel gigantesque dans leur panier à roulettes (façon marché).
    Merci encore. A bientôt.

  4. Guillaume dit :

    Il est vrai que pour avoir les oiseau à l’aide du petit oiseau… lol ce n’est jamais simple.

    Pour ma part j’ai eu la chance de réussir une jolie photo récemment. Il faut que je la mette en ligne sur mon site, je la trouve vraiment très sympa !
    Le dernier article de Guillaume : Vapiano : restaurant très design et moderne, concept allemand !My Profile

  5. Le Coutographe dit :

    J’enrage, la 3G débloque et je ne vois pas les photos ! Faudra que je relise cet article.
    Une fois encore c’est simple, clair et didactique.
    J’ai également un 70-200 f/2,8 de chez Canon et je fais de temps en temps de photos d’oiseaux… c’est un minimum le 200mm, je confirme.

    Malheureusement mon arbre fétiche que nous appellions « l’arbre aux oiseaux » a été déraciné lors d’une mini tornade cet été… Du coup fini les photos d’oiseaux.
    Le dernier article de Le Coutographe : Remember : les anciennes bannières…My Profile

  6. Skalp dit :

    Bonjour,

    tout d’abord merci pour cet article que je trouve vraiment bien fait !!

    J’ai une petite question j’ai fait a peu près ce type de réglages, cependant j’ai beaucoup de bruit sur ma photo… est-ce parce que mes réglages ne sont pas bons ou une mauvaise gestion du post-traitement ? est-ce que cela peut être due également à un mauvais objectif ? (débutant)

    merci d’avance

    • Tonton Photo dit :

      En effet il peut y avoir diverses raisons à un excès de bruit dans l’image :

      1/ le capteur de ton boîtier photo supporte mal la montée en ISO lorsque que tu es en basse-lumière. Il faut donc faire quelques essais pour voir jusqu’à quelle sensibilité tu peux monter sans que l’image ne soit trop dégradée (par exemple sur mon appareil précédent, un Nikon D200, je ne montais pas au-dessus de 400 ISO car le bruit devenait trop présent dans l’image).

      2/ Un objectif dont la qualité est malheureusement médiocre.

      3/ Un mauvais post-traitement : par exemple si ta photo est sous-exposée à la prise de vue et que tu veux trop l’éclaircir lors du développement numérique, du bruit apparaîtra dans l’image.

  7. Emma974 dit :

    Bonjour,
    A la recherche d’infos sur « comment » photographier les oiseaux….je viens de découvrir votre blog,que j’ai commencé à parcourir.J’y ai découvert une multitudes d’astuces….va t’il me suffire de les appliquer pour réussir mes photos d’oiseaux(sujet du moment:le tisserin,la veuve dominicaine,le cardinal….les astrils…bref une flopée de tout petits zozios),ce serai trop beau,mais je ne désespère pas…
    Bravo pour ce blog,clair et joliment animé.

  8. julien dit :

    jai un nikon afs 300 f4 avec un tc 1.4 et c »est je pense la meilleur option pour la photo d’oiseau ( niveau rapport qualité/prix bien sur !). sur mon d90 ca me donne un 450 m 5.6 sans le tc.
    avec un trepied en affut c’est niquel pareil pour le billebaude meme si l’optique nest pas stabilisée.
    pour ceux qui ne disposent pas d’un budget de ministre, c’est LA solution la plus pertinente à mon sens, en tout cas bien plus q’un zoom aussi lumineux soit-il !!

    bien cordialement

    julien

  9. Didier dit :

    Bonsoir

    Toujours intéressant de lire et relire tes conseils. Si je comprends bien, je dois pouvoir m’en sortir avec mon bridge Panasonic FZ200 et son F/2.8 à ouverture constante.

    • Tonton Photo dit :

      Bonsoir, si je calcule bien ce bridge va de 25mm à 600mm avec une ouverture de F/2.8 constante ! Si c’est bien le cas, tu es parfaitement équipé :)

      • Didier dit :

        Super ! quand je compare avec les « canon, nikon » de mes camarades de club photos, j’ai toujours l’impression d’avoir un « bas de gamme ». C’est sur que je ne joue pas dans la même gamme de prix.

        Sinon, oui, il va bien de 25 à 600 et monte même à 1200 mm avec l ‘i.zoom x48. Je n’utilise pas souvent cet « i.zoom », le rendu n’est pas terrible mais il est vrai que je ne l’ai pas encore essayé avec un trépied.

  10. jacquin Pierre dit :

    Évidemment, article très sympathique et bien documenté par un spécialiste manifeste de la photo animalière. Je souhaiterais ajouter quelques précisions qui peuvent avoir un intérêt pratique.
    Tonton écrit : « Lorsque j’utilisais mon Nikon D200, mon 70-200mm équivalait à un 105-300mm. Depuis que je suis équipé du Nikon D3s, qui est un plein format, alors il s’agit vraiment d’un 70-200mm… du coup, en ce qui concerne la photo animalière, j’y perds. »

    Il faut voir si le Nikon D3s ne dispose d’un fonction « format APS-C » qui permet de revenir au format 105-300. Pour ce qui me concerne, je dispose d’un Sigma APO-DG 70-200 à ouverture constante f:2.8. Lorsque j’utilisais un boîtier Sony APS-C A700, donc un format un peu réduit, ce zoom correspondait à un 105-300… Lorsque je suis passé à un boîtier Sony A99v (extraordinaire… et je n’ai aucun intérêt chez Sony !), plein format, mon zoom est redevenu ce qu’il était : un 70-200, donc un peu juste, en effet, pour la photo animalière. Mais j’ai découvert que ce boîtier possédait une fonction me permettant de revenir à un format APS-C et donc de retrouver mon zoom105-300… et de repasser à la demande au format SLT ! Extraordinaire.

    Regardez donc si vos reflex plein format possèdent éventuellement une telle fonction qui élargit considérablement votre champ d’action, puisque j’ai en réalité un objectif 70-300, à ouverture constante f:2.8 !

    Pour le reste, quant aux conseils de Tonton, j’ajouterais ceci : la vitesse de décollage des oiseaux est plutôt de l’ordre du 100e de s… quand ce n’est pas du 1000e pour certains bestiaux ! les réglages, dès lors, s’imposent : il faut une vitesse, en effet de l’ordre du 800e de s, mais il faut aussi une ouverture réduite, 5,6, voire plus, 6,3, 8… faute de quoi le flou du décollage est absolument garanti puisqu’une grande ouverture (2,8 par exemple) signifie un champ de netteté extrêmement réduit et un oiseau qui décolle sort en un 100e ou 1000e de seconde de ce champ.

    Dès lors, ce constat impose l’usage d’un ISO très élevé (800, voire 1600), même en plein soleil pour disposer à la fois de la vitesse et de la profondeur de champ. J’ai depuis longtemps renoncé, pour ces raisons, aux 200 ou 400 ISO qui signaient des échecs garantis. En outre, intervient la question du réglage : soit autofocus avec différents réglages (l’autofocus constant est un piège mais peut se révéler utile), soit la mise au point manuelle qui, de loin, présente pas mal d’avantages.

    Voilà : désolé d’avoir été si long, au bout de nombreuses années, je continue à tâtonner et à louper beaucoup d’occasions : rassurez-vous, la photo animalière d’oiseaux est probablement l’un des exercices les plus techniquement difficiles à réaliser et je ne donnerai pas mes proportions de photos réellement réussies… elles en décourageraient plus d’un. Mais il n ‘y a qu’un seul conseil : persévérer malgré les échecs !
    Pierre.

    • Tonton Photo dit :

      Merci pour ce commentaire qui complète l’article. J’ai en effet oublié de mentionner cette possibilité de modifier électroniquement le format du capteur, pour passer du plein format à un format APS-C.
      Je confirme que cette option existe sur le Nikon D3s. Il m’arrive de l’utiliser, même si je n’ai pas encore prix le reflex de le faire, et parfois j’oublie donc cet avantage… ;)

  11. Thomassin Jean Pierre dit :

    Bonsoir,

    Super votre blog ,très intéressant mais pas facile la qualité pour oiseaux !!!

    Je possède un Pentax K100D Super (2007) et un Sigma 70/300 >Apo 4-5.6.

    Je voudrais prendre des rapaces ,Buse, faucon crécerelle en vol ou posé mais c’est chaque fois une déception .

    Je me demande si mon Boitier est assez performant pour cette pratique car l’AF patine quand je veux suivre un oiseaux en vol .

    Je voulais savoir quel boitier de marque Nikon ou Canon serait plus adapté pour remplacer mon vieux Pentax? dans des prix abordable …..grand public.

    et l’ objectif bien sur car du coup je me retrouve sans.

    je vous remercie pour votre réponse et continuez à nous facilité la photo avec vos bonnes astuces.

    Cordialement

    Jean Pierre

    • Tonton Photo dit :

      Bonjour Jean-Pierre,
      je ne connais évidemment pas tous les boîtiers du marché, et si je connais grossièrement les fonctionnalités de certains sur le papier, je n’ai pas eu l’occasion de les essayer. Cependant Pentax me semble être une bonne marque, d’autant que la marque communique sur des photos d’oiseaux justement dans certains magasins. Mais la prise-en-main reste le test le plus implacable, donc je pense qu’en ce qui vous concerne, il faut absolument aller tester divers boîtiers en magasin pour bien faire la différence de vitesse d’AF avec votre boîtier actuel. La lenteur de l’AF peut également venir du couple boîtier-objectif, donc il faut bien essayer les deux en même temps pour se faire une idée.
      Sinon, vous pouvez également aller poser votre question sur le blog de Régis, spécialisé dans la photo animalière : http://www.auxoisnature.com.
      Bon courage dans vos recherches,

      • Thomassin Jean Pierre dit :

        Merci à vous pour votre réponse ,

        En fait , j’ai opté pour un Pentax K5II + un sigma 150-500 .

        Pour le boitier ,il va beaucoup mieux que le K100D 6 années les sépare , un appareil que j’ai pris d’occasion sur le site Pentax K par K qui à été acheté en Janvier 2014 et garanti jusqu’en 2018
        appareil en excellent état..

        L’objectif 150 500 ,je ne l’ai pas encore utilisé car le Temp ne s’y prête pas pas assez de lumière..

        Bref je redécouvre la photo .

  12. eSPAETH dit :

    Bonjour et merci pour cet article. J’ai pendant un moment utilisé un 70-300mm de chez canon qui m’a lâchée durant l’automne. J’ai réussi peu de photos de l’avifaune avec notamment une série de roitelets huppés mais je ne suis jamais trop sortie avec. Maintenant j’ai un 150-600mm et l’exercice n’est pas moins simple malgré la longueur car l’objectif est un poil moins lumineux et il faut beaucoup jouer avec les ISO même à ouverture maximale. Je rejoins donc la personne qui a parlé de monter parfois à 1/800s, c’est en effet le cas même si on peut réussir des clichés à vitesse moins élevée dans certaines conditions.
    Le plus difficile cependant à mes yeux ce sont les oiseaux eux-mêmes: réussir à les repérer dans une végétation abondante (même dans les feuilles bonjour le casse-tête des branches et autres brindilles), réagir trés vite (avec un matériel maintenant à près de 2kg5 il faut être habitué), être d’une lenteur infinie et puis avoir aussi de la chance, ce qu’on n’a pas à chaque sortie!!! Les oiseaux en dehors du centre ville chez moi sont d’une extrême méfiance.
    Et puis se posent enfin pour moi des questions de « sécurité » car avec mon « engin » j’ai tôt fait de passer pour la paparazza du coin alors que la majorité des oiseaux en ce moment squattent le centre du village. Est-ce qu’on a le droit de shooter en plein centre ville avec un gros téléobjectif sans éveiller de soupçons?! ;)
    Je vais maintenant aller découvrir le reste du site. Bonne journée!
    Le dernier article de eSPAETH : Demoiselle calicoMy Profile

  13. Adrien dit :

    Je flanais encore une fois sur ton site quand la photo des pigeons a Notre dame a attire mon attention.
    Comment avec une vitesse de 1/20 peux tu rendre les pigeons nets et l’arriere plan flou? Est-ce une matrise de flou de bouge?

    • Tonton Photo dit :

      Merci Adrien (oops, je n’avais pas vu ton commentaire… excuse-moi j’en reçois beaucoup et parfois j’en rate au passage…)
      Cette technique s’appelle « le filé ». Il s’agit de prendre une vitesse lente, et de suivre notre sujet à sa vitesse… Ce n’est pas simple, mais on prend vite le coup de main !
      Je ferai sans doute un tuto sur ce sujet un jour.

  14. Cousin Loïc dit :

    Bonjour.
    Je vous remercie pour cet article qui j’espére va me servir lundi au zoo de Beauval lors du spectacle des airs .
    J’ai déjà en effet essayer de prendre des oiseaux (en plein vol, et zéro pointé)
    j’ai un nikon APS-C D5200 ainsi qu’un nikon 55-300 (3,5/5,6) qui me satisfait pour l’instant (j’en fais depuis 1 an) .

    Alors voilà j’ai une question certainement des plus bêtes , mais pour résumer pour un oiseau en vol ou au décolage :
    -minimum 1/800 s
    -F 7/F8 pour avoir tout l’oiseau ou presque
    -ISO environ 700 pour être sur d’avoir le mouvement.

    Il me manque cependant une réponse, au sujet de la mise au point (mode de zone AF).
    Faut-il privilégier une mise au point (suivi 3D) , ou un AF zone dynamique 39 pts)

    Si j’ai oublié des choses dans les points importants à retenir , merci de me les rappeler.

    P.S: merci aussi beaucoup pour le tuto sur les photos de zoo. Je m’en servirai lundi et mardi à Beauval, car si je savais déjà faire pour les grilles et les vitres avec les reflets et essayer d’avoir des moments uniques, il est vrai que parfois j’étais obligé de faire des photos avec un décor peu flatteur car l’animal de bougeait pas. J’ai donc pris 2 jours complets à Beauval pour pouvoir passer du temps à chaque animal.
    Et vos photos du tuto du guépard en symétrique OUAHHHHHH . Sublime

    Merci pour tout

    • Tonton Photo dit :

      Merci Loïc, je suis ravi si ces articles et photos vous plaisent.
      Le spectacle des airs à Beauval : c’est ce que j’ai préféré dans ce parc. J’ai eu des frissons lorsqu’ils lâchent des dizaines d’oiseaux et que le ciel se couvre de volatiles… c’était splendide :)

      Au niveau des réglages, vous avez bien compris le principe. Mais attention, ce sont des grands principes qu’il faut adapter. L’idée c’est d’avoir une vitesse d’obturation très rapide. Donc selon la situation, il faudra peut-être obturer plus vite, voire pourquoi pas jusqu’au 2000ème de seconde.

      > F/8 : oui pourquoi pas, théoriquement c’est ce qu’il faut faire. Mais la nécessité d’une vitesse rapide vous obligera peut-être à choisir une plus grande ouverture (donc F/ plus petit) si les conditions de luminosité sont trop sombres.

      > Les ISO : monter en sensibilité vous permet de conserver les réglages de vitesse et d’oburation que vous souhaitiez dans le cas où la lumière manque. Faites des essais auparavant pour déterminer à partir de quelle sensibilité votre capteur fait apparaître du bruit dans l’image. Vous aurez ainsi une idée de la sensibilité à ne pas dépasser.
      Par exemple sur mon ancien réflex, j’essayais de ne pas dépasser 400 ISO, alors que sur mon petit Fuji X-E1 il m’arrive de monter à plus de 2000 ISO sans problème ;)

      > la mise-au-point : je n’ai jamais testé le suivi 3D, donc je ne sais pas quoi vous répondre. Le mieux serait de s’entraîner avec des oiseaux de jardins au préalable pour déterminer ce qui fonctionne le mieux !
      Pour ma part j’aurais tendance à choisir le mode de zone AF Sélectif, c’est-à-dire avec un seul collimateur. Je contrôle ainsi mieux où je souhaite faire la netteté (les yeux en règle générale). Mais c’est un choix très personnel, propre aux préférences de chacun.

      Mon conseil : anticipez au maximum. Choisissez par exemple un seul oiseau parmi les nombreux en vol, et suivez-le depuis votre viseur, pour déclencher au bon moment. Vous sortirez de plus belles photos que si vous déclenchez « au petit bonheur la chance » à chaque fois qu’un oiseau passe dans votre champ de vision.

      Voilà, j’espère que ces conseils vous aideront !

      • Cousin Loïc dit :

        Bonjour.
        Je tenais tout d’abord à vous remercier de votre réponse, et surtout vous remercier car grâce à vous, j’ai pu prendre un plaisir à shooter les oiseaux lors du spectacle des airs au zoo de Beauval.
        Effectivement c’est ce que j’ai préféré lors de ma visite au point d’en avoir une boule à la gorge et les yeux brillants (pas évident d’ailleurs pour shooter :) )
        Ce n’est peut-être pas constructif mais MERCI .
        Voici deux photos que j’ai pu sortir (je n’ai pas encore tout regarder mes clichés) . C’est loin d’être parfait, j’en suis conscient mais au moins j’ai pu sortir quelque chose.

        https://www.flickr.com/photos/132869803@N06/21504750721/in/datetaken-public/

        https://www.flickr.com/photos/132869803@N06/21309339089/in/datetaken-public/

        Je ne sais pas ce que vous penserez de mes deux clichés, mais je suis preneur de tout conseils très pros de votre part.
        Je projette d’aller dans un parc ornithologique prêt de chez moi (à côté d’Arcachon)

        Encore une fois merci

  15. Samuel dit :

    Bonjour,
    J’essaye de photographier une buse en vol, sauf que je prend la photo la buse est noire est ce normal ? dois je faire des réglages spécifiques afin de remédier à ce problème ?
    PS: J’utilise un Fujifilm 28*/24-672
    Merci de votre réponse.

  16. arnaud dit :

    Bonjour ! Merci pour cetcarticle. Je me lance dans la photo d’oiseaux depuis cette année, et je me posais la question du trépied. Pour est-il nécessaire d’après vous , notamment avec un téléobjectif de 200 ou 300 (nikon, tamron) ? Merci !

  17. Jacques dit :

    Bonjour
    J’ai appris beaucoup en lisant votre article!
    Il faut dire que je m’intéresse à la photo que depuis un mois.
    Je suis attiré vers ce genre de photo mais je n’ai pas encore le matériel approprié.
    Je reviendrai souvent sur votre blog pour y prendre des conseils.
    Le dernier article de Jacques : Promenade dans le jardinMy Profile

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